Une vallée des aimants à Lacq : quels enjeux pour le néodyme ?
À Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, plusieurs projets industriels visent à développer le recyclage et la transformation des terres rares. Pourquoi cette actualité concerne-t-elle aussi les amateurs de billes aimantées ? Parce qu’elle porte sur les matériaux qui entrent dans la composition des aimants au néodyme.
Dans un article publié le 7 février 2026, Révolution Énergétique présente cette future « vallée des aimants ». Les annonces officielles permettent de préciser ce qui se prépare et les étapes qui séparent encore les matières premières d’un aimant fini. Lire la présentation de Révolution Énergétique.
Caremag : récupérer et purifier les terres rares
Caremag, filiale de Carester, développe à Lacq une usine de recyclage et de raffinage. En mars 2025, l’entreprise a annoncé avoir réuni 216 millions d’euros de financement pour ce projet.
L’installation est conçue pour traiter chaque année deux catégories de matières : 2 000 tonnes d’aimants à recycler et 5 000 tonnes de concentrés miniers. Ces chiffres désignent les matières entrantes prévues, et non une production équivalente de nouveaux aimants.
Le procédé doit permettre d’obtenir des oxydes de terres rares purifiés. Caremag intervient donc à une étape de transformation des matières : sa production ne correspond pas à des billes ou à des aimants prêts à l’emploi. Consulter l’annonce de Carester en français.
Quelles productions et quel calendrier sont annoncés ?
Dans son communiqué du 23 juillet 2026, USA Rare Earth indique que la mise en service de Caremag est prévue fin 2026. À pleine capacité, les productions annuelles annoncées sont de :
- 800 tonnes d’oxydes de néodyme-praséodyme ;
- 500 tonnes d’oxyde de dysprosium ;
- 100 tonnes d’oxyde de terbium.
Il faut distinguer le démarrage d’une usine de son fonctionnement à pleine capacité. Ces volumes restent des objectifs industriels, et le calendrier cité est celui annoncé dans ce communiqué. Lire le communiqué officiel du 23 juillet 2026.
LCM Europe : passer des oxydes aux métaux et aux alliages
Un second projet complète cette démarche. LCM Europe, filiale du groupe USA Rare Earth, développe sur le même site une installation de production de métaux et d’alliages, avec une capacité annoncée de 3 750 tonnes par an.
La métallisation permet de passer d’oxydes de terres rares à une forme métallique utilisable dans la préparation des matériaux des aimants. L’intérêt du rapprochement est de réunir des activités complémentaires : la séparation et la purification d’un côté, puis la production de métaux et d’alliages de l’autre. Présentation du partenariat par USA Rare Earth.
La fabrication d’aimants finis est évoquée comme un développement potentiel dans le communiqué de juillet. Il serait donc prématuré de présenter Lacq comme un site produisant déjà des aimants prêts à être commercialisés.
De la terre rare à la bille aimantée : plusieurs étapes
Pour comprendre ces projets, il est utile de distinguer la matière première, le matériau magnétique et le produit fini. La chaîne peut se résumer ainsi :
- Récupérer les matières : à partir de ressources minières ou d’aimants collectés pour être recyclés.
- Séparer et purifier les terres rares : afin d’obtenir les composés recherchés.
- Produire les métaux et préparer les alliages : pour disposer d’un matériau adapté à la fabrication.
- Fabriquer l’aimant : lui donner ses caractéristiques, sa forme et sa protection de surface, puis l’aimanter selon le procédé retenu.
Les aimants NdFeB comprennent notamment du néodyme, du fer et du bore. Une bille aimantée de cette famille n’est donc pas une bille de néodyme pur. Sa fabrication exige plusieurs opérations après la production des terres rares.
Notre dossier sur le néodyme et ses propriétés permet de mieux comprendre le rôle de cet élément.
Une filière française, avec des partenaires internationaux
Le développement d’activités à Lacq vise à diversifier les capacités de transformation. Il ne signifie pas que toutes les matières proviendront du sous-sol français, ni que tous les acteurs seront français.
Le partenariat annoncé en juillet prévoit notamment l’accès de Carester à des matières issues de Serra Verde et du gisement de Round Top. LCM Europe et USA Rare Earth pourront, de leur côté, acheter une partie des oxydes de Caremag.
Ces échanges illustrent une chaîne industrielle internationale dont certaines étapes seraient réalisées en France. Il est plus juste de parler d’une diversification des approvisionnements que d’une autonomie totale déjà acquise. Détails du partenariat industriel.
Quel lien avec les billes aimantées Neocube ?
Le lien concerne les matériaux. Les billes aimantées au néodyme constituent une application des aimants NdFeB, tandis que les projets de Lacq interviennent en amont, dans la récupération et la transformation de certaines matières nécessaires à leur fabrication.
Cette actualité aide ainsi à comprendre ce qu’il y a derrière un petit aimant : des ressources, des procédés chimiques et métallurgiques, puis un travail de fabrication. Elle donne aussi un exemple concret du rôle que peut jouer le recyclage dans cette chaîne.
Pourquoi suivre l’évolution de ces projets ?
Les prochaines étapes à observer seront la mise en service effective des installations, leur montée en capacité et les débouchés de leur production. Elles permettront de mesurer ce que cette « vallée des aimants » apporte réellement à la chaîne d’approvisionnement.
Pour les lecteurs de Neocube.fr, l’intérêt est de mieux comprendre l’origine et la transformation des matériaux des aimants. Notre premier dossier sur les terres rares, le néodyme et lesbilles aimantées développe les questions d’approvisionnement et de coût des produits finis.
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