Filtrer le sang grâce au magnétisme : quelles avancées depuis 2014 ?

Les aimants permettent d’assembler les billes d’un Neocube, mais le magnétisme intéresse aussi la recherche médicale. Une piste consiste à utiliser des particules magnétiques spécialement préparées pour capturer certaines substances dans le sang, puis les retirer à l’aide d’un dispositif extérieur au corps.

En septembre 2014, Pourquoi Docteur présentait une recherche américaine sous le titre « Des aimants pour nettoyer le sang des agents toxiques ». Depuis, les travaux ont évolué, parfois en abandonnant les aimants, parfois en développant de nouvelles techniques de séparation magnétique.

En 2014, un dispositif expérimental inspiré de la rate

Au Wyss Institute de Harvard, des chercheurs avaient conçu une « rate artificielle » destinée à extraire des agents pathogènes et des toxines du sang.

Le principe reposait sur de minuscules particules magnétiques recouvertes d’une protéine modifiée, appelée FcMBL. Cette protéine pouvait se fixer à différents agents infectieux ou à leurs composants. Un système magnétique récupérait ensuite les particules avec les éléments capturés, dans un circuit extérieur à l’organisme.

Les premiers travaux portaient sur du sang humain étudié en laboratoire et sur des animaux. Ils constituaient une preuve de concept, sans démontrer encore l’efficacité d’un traitement chez des patients. Présentation de la recherche par le Wyss Institute, septembre 2014.

Dès 2015, l’équipe de Harvard change de méthode

Une évolution importante intervient l’année suivante : les chercheurs retirent les billes magnétiques de leur dispositif.

La protéine FcMBL est désormais fixée sur les parois internes des fibres d’un filtre. Cette modification vise à simplifier le système et à éviter que des particules magnétiques puissent être entraînées vers le patient.

L’objectif de capture reste donc présent, mais la méthode change. Les suites du projet de 2014 ne peuvent pas toutes être décrites comme une filtration par aimants. Cet exemple montre comment une technologie prometteuse peut être profondément remaniée avant son utilisation clinique. Explications du Wyss Institute, août 2015.

D’autres recherches poursuivent la séparation magnétique

En Suisse, la société Hemotune développe un projet distinct, le HemoSystem, qui conserve le recours à des particules magnétiques.

Dans cette approche, des particules spécialement conçues capturent des cibles sélectionnées dans le sang circulant à l’extérieur du corps. Elles sont ensuite séparées magnétiquement avant le retour du sang vers le patient.

Le fonctionnement dépend de l’ensemble du dispositif : préparation des particules, choix des cibles, circulation du sang et récupération des particules. La puissance d’un aimant, à elle seule, ne permet pas de réaliser cette opération. Présentation du HemoSystem.

En août 2026, de nouveaux résultats précliniques

Le 13 août 2026, Hemotune annonce une publication scientifique consacrée à la sécurité et à la faisabilité précliniques de son système, réalisée avec plusieurs partenaires de recherche.

Selon ce communiqué, les essais ont notamment obtenu une récupération d’au moins 99,9 % des particules magnétiques. Ce résultat concerne leur séparation du sang dans les conditions étudiées. Il ne correspond ni à un taux de guérison, ni à une élimination de 99,9 % des agents pathogènes.

Ces travaux constituent une étape préparatoire à l’évaluation chez les patients. Ils ne suffisent pas à établir l’efficacité du dispositif contre le sepsis. Annonce d’Hemotune et lien vers la publication scientifique.

Quel rapport avec les billes aimantées Neocube ?

Le point commun est l’utilisation du magnétisme, avec des objectifs et des matériaux très différents.

Les billes aimantées Neocube sont des objets de manipulation et de construction. Les particules utilisées dans ces recherches médicales sont conçues pour une fonction biologique précise et intégrées à un équipement spécialisé. Elles ne sont pas interchangeables avec des billes de construction.

Pour comprendre les matériaux de nos billes, retrouvez notre guide des aimants néodyme-fer-bore, ou NdFeB.

Depuis 2014, les progrès sont donc réels, mais les approches ont divergé. Pour suivre ces innovations, il reste essentiel de distinguer un résultat de laboratoire, une étude de sécurité et un bénéfice démontré chez des patients.